News : Obésité : comment le binge drinking conduit à trop manger

Une étude, publiée récemment, s’est intéressée au phénomène qui pousse à beaucoup manger après avoir bu en excès.

Le « binge drinking » est en pleine expansion, surtout chez les jeunes.

Une étude sur modèle animal

Pour comprendre comment les beuveries pouvaient amener à consommer des aliments en excès, les scientifiques ont mené une expérience sur des souris en leur injectant directement dans l’abdomen des doses d’alcool sur un week-end de trois jours, pour imiter les prises d’alcool en un laps de temps très court, connues sous le nom anglais de « binge drinking « .

Les souris « alcoolisées » sont devenues affamées, particulièrement au deuxième jour. Ce processus induit par des changements dans le cerveau jouerait un rôle important dans l’augmentation de l’obésité dans le monde, indiquent des chercheurs britanniques. Les résultats de ces recherches ont été publiés dans la revue Nature Communications.

Des neurones qui brouillent les messages de satiété

Ce processus confirme celui que l’on peut observer chez l’homme.  En réalité tout se passe dans le cerveau, au niveau de neurones « AgRP », situés dans l’hypothalamus, qui vont brouiller les messages de satiété.

De précédentes études, non liées à la consommation d’alcool, ont montré que ces mêmes neurones s’activaient quand les souris ressentaient des crampes d’estomac. Et en activant ces neurones, les souris continuaient à manger même le ventre plein.

Ici, les chercheurs ont constaté qu’en désactivant ces neurones AgRP chez les souris avant d’injecter l’alcool, elles n’étaient plus poussées à manger plus que la normale. L’hypothèse est de croire que la même chose peut se produire chez l’homme sous l’effet de l’alcool.

Les pratiques de binge drinking en augmentation

Loin d’atteindre le niveau des pratiques d’Europe du Nord et de l’Est, ces séances d’alcoolisation massive sont en plein essor depuis quelques années en France. La part des 18-25 ans qui ont connu au moins une ivresse dans l’année est passée de 33 % à 46 % tandis que ceux qui en ont connu au moins trois a presque doublé, de 15 % à 29 %, selon un « Baromètre santé », réalisé entre décembre 2013 et mai 2014 par l’Inpes auprès de 15 635 personnes âgées de 15 à 75 ans.

Toujours selon l’enquête, 14 % des 15-24 ans, 10 % des 25-34 ans et 6 % des 33-44 ans s’y sont adonnés au moins une fois dans l’année.

Les spécialistes alertent sur les dangers de ces comportements

Les spécialistes alertent sur les risques que peuvent occasionner ces comportements et l’incidence qu’ils pourraient avoir sur l’obésité des jeunes, en forte croissance dans le monde.

En France, « le fait de provoquer directement un mineur à la consommation excessive d’alcool (binge drinking ou biture ou beuverie express) » est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende depuis la loi santé de 2015.

A noter que l’excès d’alcool affecte gravement le foie mais peut aussi entraîner d’autres problèmes de santé comme le diabète, les maladies cardiovasculaires et certaines formes de cancer.

Sources :

  • AFP/Relaxnews
  • Cains S, Blomeley C, Kollo M, Racz R, Burdakov D. Agrp neuron activity is required for alcohol-induced overeating. Nature Communications, 10 January 2017 (article en ligne).

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